Nous proposons ici quelques définitions des termes les plus couramment rencontrés autour de l'e-réputation.

Blog : Voir la définition proposée dans notre Dossier spécial Web 2.0 — Les blogs contribuent très largement à l'amplification, parfois à la création de réputation numérique, bonne ou mauvaise.

Blogosphère : Voir la définition proposée dans notre Dossier spécial Web 2.0 — De plus en plus, les courants d'opinion sur le Net se font à partir de la blogosphère, au détriment de médias plus officiels tels que les sites institutionnels ou les sites des organes de presse, de radio ou de télévision.

Buzz : Expression américaine évoquant une rumeur sur le Net. Le mot est quasiment l'allitération du bourdonnement d'information. Ce terme est passé directement dans le jargon français (ou franglais…) des professionnels de la communication. 

Caisse de résonance : Ce terme a été mis à l'honneur par Vladinir Volkoff comme une des composantes du mécanisme de la désinformation : l'information erronée est lancée par le désinformateur, mais elle est répercutée et amplifiée par les caisses de résonnance qui lui donnent tout son impact et toute sa faculté de nuire. Il s'agit des acteurs qui vont amplifier l'information en laquelle ils donnent foi en la relayant, en la commentant, en y ajoutant des détails, voire en l'enjolivant.

Cible (synonyme : Victime) : personne ou organisme visé par des propos qui permettent de construire sa réputation.

Concurrence déloyale ou parasitaire : Dans une économie de marché la concurrence est libre et de principe. La jurisprudence, s'appuyant sur la théorie générale de l'abus de droit, a considéré que cette liberté de concurrence devait connaître des limites lorsque celle-ci devient déloyale. Pour être poursuivi pour concurrence déloyale, il faut déjà être en situation de concurrence vis-à-vis de la victime. À défaut, ce peut être du dénigrement de produit ou de service.

La concurrence parasitaire consiste à détourner l'image d'un produit, d'un service ou d'une marque prestigieuse à son profit, en reprenant par exemple un logo qui y ressemble, ou reprendre le même nom pour un service concurrent. L'exemple de la Tour d'argent, restaurant ouvert au pied des marches de l'Opéra Bastille à Paris est emblématique : les tenanciers ont laissé croire qu'il s'agissait d'une annexe du prestigieux restaurant des bords de Seine. Ces deux armes peuvent être utilisées dans certains cas pour combattre une e-réputation problématique.

Contrefaçon : Atteinte portée à un droit de propriété intellectuelle quel qu'il soit (droit d'auteur, marque, brevets, création de la mode…) La contrefaçon est un délit civil et pénal.

Dénigrement : Action consistant de dire du mal d'un produit ou d'un service en vue de nuire à celui-ci.

Désinformation (nous empruntons ici les deux définitions retenues par Vladimir Volkoff) :

1. Technique permettant de fournir à des tiers des informations générales erronées les conduisant à commettre des actes collectifs ou à diffuser des jugements souhaités par les désinformateurs.

2. Manipulation de l'opinion publique, à des fins politiques, avec une information traitée par des moyens détournés.

NB : les deux définitions sont complémentaires. On pourra regretter que la seconde circonscrive la désinformation aux fins politiques. Ou alors il faut prendre le mot politique dans son sens le plus large, quasiment synonyme de stratégie, comme on parle de la politique commerciale d'une entreprise.

Diffamation : La diffamation consiste à alléguer des faits qui sont faux et qui portent atteinte à l'honneur et à la considération d'une personne (physique ou morale).

Droit de réponse : Droit dont dispose une personne (physique ou morale) pour répondre à des propos le concernant. Contrairement à une opinion trop répandue, le droit de réponse naît pour la presse papier et – depuis 2004 – sur Internet, dès qu'une personne est nommée ou désignée, même en termes louangeurs. C'est seulement sur les médias audiovisuels (radio et TV) que le droit de réponse ne naît que si des imputations sont susceptibles de porter atteinte à l'honneur et à la considération d'une personne.

E-réputation (synonymes : cyber-réputation, web-réputation, réputation numérique) : Néologisme cristallisant une réalité déjà existante depuis quelques années. Selon les usagers, on dit "l'e-réputation" ou (de moins en moins) "la e-réputation" (prononcer i-réputation). Réputation d'une personne ou d'une organisation constituée par l'ensemble des avis diffusés sur les réseaux numériques, notamment Internet (le phénomène existait déjà sur Télétel et les autres réseaux télématiques nationaux). Sur Internet, le phénomène de l'e-réputation est essentiellement lié à la recherche d'informations ciblées grâce aux moteurs de recherche. De sorte que les avis les mieux référencés sont ceux qui portent le plus en vertu du fait que l'internaute moyen s'aventure rarement au-delà des 10 à 30 premiers résultats.

Guerre de l'information : Conflit armé dans lequel les armes sont les informations elles-mêmes. La circulation de l'information étant à la base un instrument d'enrichissement des connaissances dont personne ne peut se passer, il est d'autant plus difficile de distinguer en quoi une information est une arme de guerre, d'où le danger de ce type de guerre particulièrement insidieuse.

Guerre économique : Conflit armé dans lequel les armes sont les moyens économiques des protagonistes.

Information négative : Une information est considérée comme négative lorsqu'elle met en doute la qualité ou la bonne opinion d'une cible, personne ou organisation. Une information négative n'est pas forcément répréhensible. Dès lors qu'elle est fondée la critique doit être admise, au nom de la liberté d'information et de la liberté d'expression, deux faces d'une même réalité. L'information négative devient répréhensible dès lors qu'elle est malveillante, destinée à nuire à une personne au-delà de la réalité des faits. On entre alors sur le terrain que le droit peut prendre en compte au travers d'un arsenal qui peut varier d'un pays à l'autre.

Injure : L'injure consiste à tenir des propos tels qu'ils portent atteinte à l'honneur et à la considération d'une personne (physique ou morale) sans alléguer aucun fait.

Intoxication (synonymes : intox ou intoxe) : Très proche de la désinformation, consiste à délivrer des informations erronées directement à des cibles, en vue de les induire en erreur et de les faire agir contre leurs intérêts. L'intoxication est directe, alors que la désinformation recourt à des caisses de résonnance.

Liberté de l'information : Dans tout pays libre, le citoyen peut accéder librement à l'information, sauf dans certains cas bien déterminés (secret défense, sûreté nationale, secret de l'instruction…) C'est une des libertés publiques. Cette liberté de l'information tombera sous le coup de la loi si leurs bénéficiaires en abusent pour nuire à une personne ou une organisation.

Liberté d'expression : Dans tout pays libre, la liberté d'expression est garantie. C'est une des libertés publiques dont jouit le citoyen. Des propos tomberont sous le coup de la loi si leurs auteurs abusent de cette liberté pour nuire sciemment à une personne ou une organisation.

RSS : Voir la définition proposée dans notre Dossier spécial Web 2.0 — Les flux RSS contribuent à la démultiplication vertigineuse d'une même information. Lancée sur un site ou un blog, elle est instantanément publiée sur tous les sites ou blogs qui la syndiquent.

Rumeur (synonymes : bruit, potin) : La rumeur est en général une information qui circule au conditionnel sans possibilité d'être vérifiée. Dans le monde journalistique on distingue classiquement la rumeur – non vérifiable – et l'information – vérifiée.

Social Networking : Voir la définition proposée dans notre Dossier spécial Web 2.0 — Transposition numérique des réseaux de relations et d'influence, il est inévitable que cette pratique se retrouve au cœur des questions d'e-réputation, positive ou négative.

Source d'information : Comme son nom l'indique, une source est une origine. Dans notre contexte, on définit comme source l'information première dont découlent les autres. La source n'est donc pas la référence d'un document qui peut ne constituer que la énième reproduction d'une information.

Syndication de contenu : Voir la définition proposée dans notre Dossier spécial Web 2.0 — Signalé à l'entrée RSS de ce lexique, la syndication de sites amplifie la propagation d'une information sur le Net. Sur les dangers éditoriaux de cette pratique, voir notre article sur Les questions de responsabilité dans la syndication de sites.

Vecteur de l'e-réputation : Canaux qui permettent de propager l'e-réputation sur les réseaux numériques. Voir notre article dans ce Dossier à ce sujet.

Victime (synonyme: cible) : voir Cible.

Wiki : Voir la définition proposée dans notre Dossier spécial Web 2.0 — On sait les dangers que présentent les Wikis, de par l'absence de contrôle du sérieux de leurs auteurs. Wikipedia, par exemple est le siège de nombreuses guerres d'édition d'articles sur lesquels s'opposent les internautes (autour du mot Colonisation, par exemple). Sur ce risque de nuisance des Wikis, voir De la connaissance à la guerre de l'information, dans notre article Regards sur le Web 2.0 dans le Dossier spécial Web 2.0.

 

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