L'édition juridique privée a longtemps porté haut les couleurs d'une qualité documentaire dont les raisons sont le besoin d'efficacité dans la recherche d'information juridique. Celle-ci a connu une légère perte de vitesse, de notre point de vue, depuis une ou deux décennies du fait que tous les éditeurs juridiques sont loin d'avoir pris à temps le tournant des nouvelles technologies. Face au dynamisme des pouvoirs publics sur Internet, l'édition juridique rattrape actuellement tout juste son retard.

Il serait vain de vouloir présenter toutes les productions de l'édition juridique. Nous ne mettrons l'accent que sur les produits les plus spécifiques ou les plus remarquables, ceux qu'on ne trouve pas nécessairement dans d'autres domaines des sciences. Sont ici présentées quelques caractéristiques de qualité communes à toute l'édition. Nous évoquerons par ailleurs les revues juridiques, les répertoires, les ouvrages professionnels et les codes.
Nous n'évoquons que très incidemment les produits électroniques.

C'est la qualité et l'efficacité documentaires qui frappent lorsqu'on navigue dans l'édition privée, et lorsqu'on la compare avec d'autres secteurs professionnels. Nous nous arrêtons ici sur deux des aspects les plus significatifs de cette qualité : structuration et accès documentaires très poussés.

Une forte structuration de l'information

Afin d'assurer la plus grande clarté des exposés et de s'y retrouver rapidement dans un point de droit, la totalité de la production, qu'elle concerne des traités volumineux ou de simples articles de doctrine, apporte un grand soin à la forme des développements. Très souvent ceux-ci suivent une numérotation en paragraphes d'un bout à l'autre du texte. Et bien souvent les tables renvoient non aux pages, mais à ces numéros de paragraphes. Le néophyte peut être légitimement dérouté par cette pratique, mais à la longue le réflexe s'acquiert.

Des accès documentaires trés fouillés

Toujours pour répondre au même souci de retrouver rapidement un point de droit recherché, toute publication possède sa table des matières analytique et son index thématique. Ceci est autant valable pour un traité que pour un simple fascicule de quelques pages d'une encyclopédie à mise à jour permanente ou une rubrique d'un dictionnaire de droit, et même d'un simple mémento de quelques dizaines de pages. C'est une des richesses de l'édition juridique, qu'on ne rencontre pas dans d'autres secteurs de la connaissance humaine. Et les grandes revues généralistes connaissent des raffinements documentaires encore plus poussés...

Typologie de l'édition privée

On peut établir pour l'édition juridique privée française la typologie suivante. Un lien renvoie à des développements sur certains de ces types. Les autres développements suivront.
Les revues généralistes
Les revues sectorielles
Les répertoires à reliure mobile
Les ouvrages professionnels à mise à jour périodique
Les codes de l'édition privée (voir aussi fiche sur la codification)
Les ouvrages de divers niveaux
Les formulaires

Typologie de l'édition privée

Tout document tend à devenir numérique. L'édition privée a pris un retard certain dans ce domaine, mais semble vouloir rattraper son retard, parfois au détriment d'une qualité de service ou de coûts parfois très élevés.
Dans cette conquête du numérique, rendons hommage au pionnier, Lamy. Cet éditeur s'est très tôt doté d'un service de recherche et développement et a délibérément investi dans le numérique, d'une part par l'édition d'une partie de ses ouvrages sur disquettes, puis sur cédéroms et d'autre part en rachetant les fonds documentaires de Lexis-Téléconsulte, l'offre de base de données juridique concurrente au Service public des bases de données juridiques la plus sérieuse du marché français.
Aujourd'hui nombreux sont les éditeurs à proposer leur grandes publications (répertoires et certaines revues) à la fois sur support papier et numérique, voire en accès en ligne.

|cc| Didier Frochot - novembre 2004