L'Internet est constitué d'un vaste réseau de serveurs interconnectés entre eux à l'échelle mondiale et donnant accès à une masse considérable d'informations. Parmi les nombreuses applications de l'Internet, il en est une qui a pris le pas sur toutes les autres, au tournant des années 90 : le World Wide Web.

Aujourd'hui encore, une grande confusion règne entre l'Internet et le Web. D'où l'intérêt de connaître plus précisément certains aspects techniques et historiques du Web afin de mieux le maîtriser en pratique.

Définitions

Terme anglais : World Wide Web (ou WWW et par extension Web tout court). Traduction en français : Toile d'araignée mondiale. Mais ce néologisme est peu employé pour désigner le Web à part au Canada francophone où l'on parle de « toile ». En France, on dit plutôt « le net » ou « le réseau » ou encore « le Web ».

Caractéristiques du Web

Comme les autres constituants d'Internet, le World Wide Web forme un vaste réseau d'ordinateurs reliés les uns aux autres. Mais ils le sont via un protocole de transmission de données appelé HTTP (HyperText Transfer Protocol).
Ces ordinateurs — appelés « serveurs http » (ou encore « serveurs web » par certains techniciens) et connectés en permanence sur l'Internet — donnent accès, à la demande, à une masse impressionnante d'informations constituée de documents très divers.
Les données se renvoient les unes aux autres grâce à des liens s'appuyant sur le concept d'hypertexte qui peuvent ainsi faire passer d'une partie du réseau à l'autre et tendre ainsi des fils qui peuvent être figurés sous la forme d'une vaste toile d'araignée mondiale.

Par ailleurs, les données sont organisées en « pages » d'informations, multimédia de surcroît. Ces pages répondent à la norme HTML (HyperText Markup Language), langage de balisage qui définit la mise en forme des pages d'un site web (texte, images, etc.) à savoir la création de documents hypertextes affichables par un navigateur web. Une page au format HTML peut donc inclure du texte ainsi que des images fixes ou animées, du son, de la vidéo, des programmes interactifs. On parle alors souvent de « pages web ».
Un ensemble de pages web constitue alors un site web. Et tout site web est repéré par une adresse unique appelée URL (Uniform Resource Locator).

Le Web apparaît donc comme une immense toile de pages d'informations qui sont reliées entre elles par des liens logiques (liens hypertextes). Ces liens permettent de naviguer facilement — et de manière quasi transparente — d'un site à l'autre, sur le réseau Internet constituant ainsi un vaste maillage à travers le monde.

Le navigateur

Pour consulter un site web, l'utilisateur doit posséder un logiciel que l'on appelle navigateur web (browser en anglais) mais aussi fureteur ou butineur (notamment au Québec). C'est ce logiciel qui est capable de communiquer avec les serveurs web, d'interpréter les instructions contenues dans les pages HTML et les remettre en page pour l'utilisateur.
Il existe un certain nombre de navigateurs web mais les plus connus restent Internet Explorer et Netscape.

La simplicité d'utilisation des pages web et des logiciels de navigation, la puissance du système lui-même et la richesse de l'information disponible font du Web aujourd'hui l'application la plus utilisée de l'Internet.

WWW — histoire de terminologie

Le Word Wide Web aurait bien pu s'appeler autrement.
En effet, Tim Berners-Lee — considéré comme l'inventeur du World Wide Web — a beaucoup réfléchi avant de trouver le nom qui pourrait caractériser au mieux le système qu'il venait de mettre en place. Il fallait que ce terme puisse illustrer un système de communication décentralisée.
Dans un premier temps, Tim Berners-Lee — alors chercheur au CERN (Conseil Européen pour la Recherche Nucléaire) — a penché pour « Mine of Information » pour mettre en valeur la notion de mine d'informations. Mais l'abrégé de « Mine of Information » donnait « MOI », ce qui sonnait un peu trop égocentrique, notamment en français. Même problème avec une autre idée, « The Information Mine » dont les initiales « TIM » correspondaient au prénom du chercheur.
Un moment, Tim Berners-Lee a pensé à « Information Mesh » (maillage d'informations). Mais, là encore, au final, cette idée ne lui convenait, pas à cause de la ressemblance phonétique entre les mots Mesh et Mess (en français, pagaille). La future Toile mondiale ne devait pas apparaître comme le système où règne le désordre généralisé.
Enfin, s'inspirant d'une image souvent employée en mathématiques pour désigner les réseaux, Tim Berners-Lee pense alors, au mois d'octobre 1990, au terme « WorldWideWeb ». À l'époque, un certain nombre de projets du CERN sont désignés par des lettres. C'est le cas, par exemple, pour toutes les recherches liées au projet Zebra qui contiennent tous la lettre Z. C'est cet environnement qui a probablement poussé Tim Berners-Lee à proposer le sigle WWW pour son système. Lorsqu'il fait part de ses idées à ses collègues du CERN, ces derniers sont formels : avec un nom qui se prononce en neuf syllabes en anglais, cette invention ne pourrait jamais rencontrer un grand succès. On connaît la suite...

Le projet a donc été initialement baptisé « WorldWideWeb » (sans espace). Le premier navigateur, développé en octobre 1990 pour le support NEXT, portait aussi le même nom. Le nom « World-Wide Web » (mais également « WorldWide Web ») a également été utilisé.
Par la suite, dans un souci de lisibilité, le World Wide Web Consortium — l'organisme officiellement chargé de la normalisation de tout ce qui concerne le Web — a préconisé de séparer les trois mots par un espace et sans trait d'union.
Avant que l'abréviation Web ne devienne populaire, les internautes ont beaucoup utilisé le sigle WWW (ou bien encore W3). Mais sa prononciation difficile — notamment au sein d'un public francophone — n'a pas favorisé son succès. Dans le même temps, alors que les réseaux étaient encombrés par le succès grandissant du Web, certains n'hésitaient pas à rebaptiser World Wide Web en Wait Wait Wait ou encore World Wide Wait (en français, attente mondiale).
Ainsi, rapidement, l'appellation Web — courte et facile à prononcer — va prendre le pas sur les termes World Wide Web et WWW. Mais des tentatives d'adaptation terminologique au monde francophone ont été tentées. En France, la Commission générale de terminologie et de néologie a proposé plusieurs termes pour nommer le Web : Toile d'araignée mondiale, Toile mondiale, Toile et TAM. D'autres ont proposé le terme d'Hypertoile mais également — ceci de manière plus légère — ouaibe et ouèbe (surtout sur les pages personnelles des internautes).

Enfin, si le terme « Web » s'est imposé — au début — avec la majuscule, celui-ci est aujourd'hui de plus en plus utilisé avec une minuscule (« web »). Cette évolution démontre que le mot Web est considéré à la fois comme un nom propre et un nom commun. À l'heure actuelle, les deux termes coexistent. Tout dépend — dans l'esprit de l'utilisateur — si le Web correspond à une entité unique ou bien à une application parmi tant d'autres de l'Internet.
Ceci étant précisé, il est conseillé de distinguer le Web (avec une majuscule) des pages web (avec une minuscule).

|cc| Fabrice Molinaro - octobre 2004