La question essentielle, en fait de définition, a longtemps été de savoir s'il y avait une distinction entre base et banque de données et laquelle. Il n'y a plus lieu aujourd'hui de se pencher sur cette distinction doublement dépassée. Et ceci, depuis quelques années déjà.


Une subtilité terminologique dépassée

Dépassée, tout d'abord du fait d'un arrêté interministériel, portant enrichissement du vocabulaire informatique, publié au Journal officiel de la République française, en janvier 1982, et qui avait uniformisé le langage en retenant le mot de banque pour les réalités le plus souvent évoquées par les professionnels de l'information-documentation (la structure de base de données remplie d'un contenu).
Il n'en demeure pas moins que, la force d'inertie étant ce qu'elle est, les professionnels ont continué tranquillement à digresser sur des distinctions toutes plus subtiles les unes que les autres, souvent contradictoires. Il reste encore des professionnels persuadés qu'il existe une distinction terminologique. À toutes fins utiles, nous rappelons rapidement les trois grandes distinctions qui ont eu cours dans le passé :
Distinction 1
Base : références bibliographiques
Banque : texte intégral
Distinction 2
Base : données bibliographiques
Banque : données factuelles (chiffres, répertoires de nom, d'adresses, d'entreprises)
Distinction 3
Base : sous-ensemble d'une banque
Banque : ensemble de données informationnelles composées de sous-ensembles appelées bases.

Dépassée ensuite, parce que la directive européenne relative à la protection juridique des bases de données a mis tout le bel édifice juridico terminologique français à bas en adoptant résolument - suivant en cela les anglo-saxons - le terme de base (database en anglais est le terme le plus couramment utilisé).
Il n'est donc plus question d'être plus juriste que les instances européennes ; nous adopterons donc le terme de base, universellement reconnu, même si l'on peut constater qu'il introduit une confusion avec la structure informatique qui sert à gérer les données (cette seule réalité était reconnue comme base de données dans le jargon technique français homologué).

Une définition juridique communautaire extensive

En outre, la définition juridique complète donnée par la directive ouvre des horizons qui parfois prennent les aspects de gouffre, sous les pieds des professionnels de l'information-documentation, tant du côté bibliothèque que documentation. Une base de données est en effet « un recueil d'œuvres, de données ou d'autres éléments indépendants, disposés de manière systématique ou méthodique, et individuellement accessibles par des moyens électroniques ou par tout autre moyen » (Art. L.112-3 al.2 du code de la propriété intellectuelle). Le « tout autre moyen » permet de penser que la disposition des collections dans une bibliothèque (ouvrages classés systématiquement) en elle-même, ou celle d'un centre de documentation, ou encore celle de dossiers documentaires réunis dans une ou plusieurs armoires et classés thématiquement dans des dossiers suspendus, seraient autant de bases de données... On voit que le champ est vaste, et comme le texte vise aussi des « éléments », la disposition des objets dans les salles d'exposition d'un musée peut bien entendu être considérée, elle aussi, comme une base de données d'objets.

Langage professionnel

Professionnellement parlant, nous pouvons en rester à une acception plus limitée des bases de données, à l'acception commerciale la plus souvent admise. Base de données sur un sujet donné ou encyclopédique et sur support électronique.

|cc| Didier Frochot — décembre 2003