Nous mentionnons ici le circuit le plus long entre l'information et l'utilisateur, ce qui permettra de mentionner tous les acteurs possibles. Tous ne sont pas forcément présents. Par exemple, le réseau de télécommunication ne vaut que pour des bases de données en ligne mais pas lorsqu'elles sont sur cédérom. Nous indiquons à l'occasion les possibilités d'alternative.

L'information

À la source, bien sûr, se trouve de l'information. Il est bien évident que si l'information n'existait pas, la réalisation de produits d'information — catégorie à laquelle appartiennent les bases de données — n'existerait pas. Il s'agira le plus souvent d'une information spécialisée sur un domaine particulier. Ceci nous amène au rôle du producteur.

Le producteur

On appelle producteur, l'organisme ou la personne qui prend l'initiative de réunir des données d'information sous forme de base de données. Le plus souvent, ce sont des données qui sont utiles à son propre fonctionnement. La plupart des grandes bases de données professionnelles existant au monde ont été conçues et développées pour un usage interne : celui du producteur. Ainsi le CNRS (Centre national de la recherche scientifique) a-t-il produit des bases scientifiques utiles à ses chercheurs, réunies sous les noms plus connus de Pascal (sciences exactes) et Francis (sciences humaines et sociales). C'est dans un deuxième temps que le producteur se lance dans une démarche de commercialisation de sa ou ses bases, à partir du double raisonnement suivant : les connaissances que nous avons accumulées peuvent être utiles à d'autres à l'extérieur de notre entreprise ; l'investissement ainsi réalisé peut être valorisé par une commercialisation qui rentabilisera en partie celui-ci.

Le serveur ou l'éditeur

À l'origine (dans les années 70), le volume des bases de données produites, par rapport à la capacité de stockage des ordinateurs interdisait de penser à un autre accès que par réseau. Ainsi sont nés les grands serveurs.

Notion de serveur

Cette notion est double.

Serveur, au sens technique

Au sens purement technique, un serveur est un ordinateur de bonne puissance, capable de stocker un gros volume d'informations et de les restituer à des utilisateurs qui présentent des requêtes. Ces utilisateurs peuvent être sur le site du serveur - on dit en local - ou bien distants et alors transiter par les réseaux de télécommunication - c'est-à-dire en ligne (traduction française de on line).

Serveur, au sens commercial

Par extension, on a pris en français, l'habitude de nommer également serveur, l'organisme chargé de gérer l'accès aux ordinateurs serveurs. C'est celui-ci qui attribue des comptes aux utilisateurs agréés, gère ces comptes, assure la facturation éventuelle en fonction des consommations des bases qu'il sert.
Mais surtout, c'est le serveur qui joue le rôle d'éditeur vis-à-vis des producteurs (analogues à des auteurs) proposant de charger leur base chez lui. Le serveur va rémunérer le producteur de l'usage fait de ses bases,ses frais de gestion et d'hébergement étant déduits.
Un serveur n'héberge et ne sert pas qu'une base de données ; la force commerciale de son offre réside en grande partie dans l'ensemble des bases qu'il offre en accès à ses clients. En effet, le plus souvent, le contrat d'accès liant le client au serveur porte sur la totalité des bases du serveur (appelé parfois fonds documentaire). La facturation se faisant à la consommation, le client utilisateur aura la possibilité d'interroger ou non les diverses bases, mais il a tout l'éventail de l'offre du serveur à sa disposition. Le plus grand serveur de bases professionnelles au monde, Dialog propose ainsi plus de 600 bases à ses clients.

Les logiciels documentaires

Ce sont les grands serveurs qui ont largement fait évoluer les logiciels documentaires, du moins ceux prévus pour fonctionner sur de gros systèmes. C'est pourquoi nous les évoquons ici. Nous citerons à titre d'exemple deux grandes familles de logiciels documentaires dans le monde : Stairs et Mistral.

Stairs

Ce logiciel américain est né... à Montpellier en France, du travail conjoint des informaticiens de l'Université de cette ville et du centre de recherche IBM. Ce logiciel en tant que tel (Stairs) a longtemps été utilisé sur de nombreux serveurs. Il a produit des descendants connus sous le nom de BRS, lequel a lui-même engendré des descendants, notamment français, au sein du serveur L'Européenne de données (logiciel DOCCED entre autres versions successives du logiciel). Des versions allégées, pour PC, du logiciel BRS en français ont connu leur heure de gloire (Micro-BRS).

Mistral

Ce logiciel est né en France chez Bull. Il a lui-même connu différentes générations. Mistral 4 a été acheté par le serveur Questel qui l'a adapté sous le nom de Questel, puis Questel Plus et enfin Questel Plus 2... Il a aussi connu sa version micro sous le nom de Micro-Questel.
Mistral, de son côté, a évolué et la version Mistral 5 est utilisée, notamment par les établissements dépendants du ministère de la culture (Musée d'Orsay, par exemple et les bases du ministère lui-même). Sur les logiciels, voir Informatique documentaire ; sur les évolutions des logiciels, voir Les grandes tendances d'évolution actuelles.

Les éditeurs

Cette catégorie remplace les serveurs lorsque la base est commercialisée sur un support électronique qui est vendu (disquette d'abord et aujourd'hui systématiquement sur cédérom). Il s'agit soit d'éditeurs classiques qui ont eu la bonne idée d'amorcer à temps le tournant des Technologies de l'Information et de la Communication (TIC), soit d'entreprises qui se sont constituées à la seule fin d'éditer des supports nouveaux. La base est bien entendu livrée avec son logiciel d'usage. Celui-ci s' installe le plus souvent sur l'ordinateur qui va utiliser la base ; il arrive aussi que le logiciel soit directement exploité à partir du cédérom. Ce sont en fait de petits logiciels documentaires qui permettent l'exploration des données de la base selon des critères de recherche limités à des champs, ou plus ouverts (texte intégral). Là aussi l'évolution, parallèle à celle des grands logiciels et des moteurs de recherche, est très nette.

La société de distribution

Il peut arriver que, dans le circuit commercial, s'interpose une entité entre l'utilisateur et le serveur. C'est la société de distribution, tout à fait analogue dans son rôle à celui du diffuseur du circuit éditorial, encore que le plus souvent ce rôle de diffusion soit limité à un seul serveur. Le cas le plus typique réside, en France, avec l'ancienne société, aujourd'hui disparue, Juridial, dont le but était, au terme de la réorganisation des bases de données juridiques françaises (1984), de devenir un guichet unique pour l'accès auxdites bases, lesquelles étaient servies sur un serveur unique. Une société de distribution exerce donc le rôle habituellement dévolu au serveur pour tout ce qui est des contacts avec la clientèle, la gestion des comptes clients, la formation, etc.

L'opérateur de réseau

On ne peut concevoir de base de données en ligne sans une ligne... Celle-ci est en fait matérialisée par une interconnexion de réseaux (ceci, dès avant l'Internet). Le client est d'ordinaire relié au réseau du téléphone. Celui-ci peut être connecté à un réseau de transmission de données numériques (c'était encore plus net à l'époque ou le réseau téléphonique était encore entièrement analogique) tel que Transpac, lui-même interconnecté à d'autres réseaux internationaux (Interpac) dont certains sont privés et transatlantiques (Tymnet, Telenet, Dialnet) et permettent d'interroger les serveurs nord américains.
Il y a donc au moins un opérateur de réseau qui va souvent jouer le rôle de guichet unique pour le client. En France, cela fut longtemps le cas de France Télécom ou de ses prédécesseurs.

L'utilisateur

Nous ne saurions dessiner l'axe de transmission de l'information sans oublier le destinataire, sans qui, on l'a dit, tout cela ne serait pas.
Ce dernier, pour accéder au réseau, devra être équipé d'un matériel minimum. Soit, il disposera d'un terminal de consultation approprié : ordinateur dédié exclusivement à la consultation de serveurs distants, comme on l'a connu au tout début de la téléinformatique. Le concept de NetPC, lancé dans les années 90, sorte de renouveau du bon vieux terminal téléinformatique, ou si l'on préfère, sorte de super Minitel, n'a pas décollé comme d'aucuns auraient pu le penser, les utilisateurs préférant disposer d'un ordinateur intelligent, capable aussi de se connecter à d'autres ressources et d'exécuter du travail en local. Soit, il disposera d'un ordinateur doté d'un modem pour se connecter à un réseau de télécommunications. C'est aujourd'hui l'immense majorité des cas.
Lorsqu'il s'agit d'utiliser des cédéroms, l'utilisateur doit disposer précisément d'un de ces ordinateurs, doté d'un lecteur de cédéroms.

|cc| Didier Frochot — décembre 2003