L'expression "effet RGPD" convient bien à cet étrange phénomène qui fait que la grande médiatisation sur l'imminence de l'entrée en vigueur du Règlement général sur la protection des données de l'Union européenne ou RGPD provoque une brusque prise de conscience des entreprises et autres collectivités, publiques, para-publiques ou associatives sur la nécessité de respecter les données à caractère personnel.

Un aiguillon financier qui fait la différence

Il serait naïf pour les médias de croire que leur seule parole réveille les bonnes consciences. Il est évident que la menace d'une "amende administrative" pouvant aller de 10 à 20 millions d'euros ou encore de 2 à 4% du chiffre d'affaire mondial de l'entreprise (article 83 du règlement) a de quoi faire réfléchir tout chef d'entreprise…

La soudaine découverte de règles de droit… applicables depuis 1978 !

L'effet RGPD, c'est aussi la découverte, dans bien des entreprises, de l'existence d'une loi de protection des données à caractère personnel en France depuis 1978 : il était temps de s'en apercevoir !
Une fois de plus, cette naïveté – qui en l'occurrence confine à l'irresponsabilité – illustre s'il en était besoin le fait qu'en France, le droit n'est en quelque sorte qu'une variable d'ajustement en entreprise, que l'on condescend à respecter quand on en a le temps et la conscience. On est bien loin de l'obligation légale "Nul n'est censé ignorer la loi" sans laquelle un état de droit ne peut tenir debout.

À quelque chose RGPD est bon

Mais sur ce terrain, l'effet RGPD est plus que positif puisque de nombreuses entreprises sont en train de tenter de rattraper ce cruel retard et de se mettre enfin en conformité plus ou moins totale avec le respect des données personnelles.

Finalement, une belle conquête pour nos libertés publiques.

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