Quelques semaines après le coup de tonnerre de l’arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne du 13 mai (voir notre actualité du 16 mai), Google a mis en place un dispositif dont tous les médias se sont faits l’écho. Un formulaire de demande de déréférencement est à présent en ligne, que tout particulier peut remplir lui-même. Et apparemment, l’internaute de base ne s’en prive pas…

Mais ce dispositif ne règle pas tout, loin de là. Et de nombreuses questions demeurent.
Nous commençons ici par en poser quelques-unes. Nous reviendrons sur d'autres questionnements ultérieurement.

1 — Les limites pratiques et techniques du système

L’obstruction par l’afflux des demandes

Dès l’annonce de la décision de la CJUE, nombre d’internautes ont assailli Google de demandes. La BBC s’est fait l’écho, rien qu’en Grande Bretagne, de plusieurs centaines de demandes d’effacement dès le 16 mai, soit 3 jours après la publication de l’arrêt. On annonce actuellement 41 000 demandes en instances avec une augmentation de 10 000 par jour.

Du coup, Google, malgré une certaine volonté de se conformer à la décision européenne et de faciliter les demandes en mettant en place un formulaire en ligne, se trouve noyé par celles-ci.

Lorsqu’on dépose une demande, on reçoit un courriel de confirmation qui précise :
« Nous sommes actuellement en train d'adapter notre système de suppression de liens aux exigences de la loi européenne de protection des données. Dans cette attente, votre message a été mis en file d'attente. Dès que notre système sera opérationnel, nous traiterons votre demande aussitôt que notre charge de travail le permet. »

Comme on le voit, le travail ne se trouve pas simplifié et les délais de réactivité, déjà discutables à l’époque où Google se retranchait derrière la législation américaine, risquent de s’allonger démesurément.

Un effacement pérenne ?

Une autre question se pose, techniquement.

Lorsque Google aura accédé à la requête d’une personne et aura fait en sorte que les pages gênantes pour la personne ne soient plus visibles, est-ce que cela sera pérenne ?
L’internaute de base sera sans doute étonné de la question et s’imagine peut-être qu’une fois effacé, cela ne reviendra pas.
Mais notre expérience nous a montré qu’il arrive que certaines données ayant été effacées sont susceptibles de reparaître dans les résultats de Google, par exemple à la faveur d’une mise à jour des bases de résultats. Nous ne ferons pas de procès d’intention à Google et nous espérons qu’ils prendront des mesures qui sur ce terrain seront pérennes. Mais c’est un point sur lequel il importe de rester vigilant.
C’est pourquoi une veille image est toujours conseillée lorsqu’on a obtenu le nettoyage de propos négatifs.

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