Une récente enquête effectuée par l’institut américain On Device Research vient confirmer une nouvelle fois que les jeunes en âge de travailler (enquête sur les 16-34 ans) sont toujours aussi peu conscients de l’impact de l’image qu’ils donnent d’eux sur le net — spécialement sur les réseaux sociaux — c’est-à-dire de leur e-réputation, web-réputation, cyber-réputation ou réputation numérique, comme on voudra.

Un jeune sur dix concerné aux USA et au Royaume-Uni

Réalisée dans six pays plus ou moins développés (Royaume-Uni, États-Unis, Brésil, Chine, Inde et Nigéria) auprès d’environ 20 000 jeunes, cette étude révèle qu’aux États-Unis et au Royaume-Uni, au moins un jeune sur dix serait éconduit d’une candidature à un emploi après examen de l’image que renvoie de lui Internet.
Cette enquête, largement évoquée sur les sites spécialisés, vient confirmer ce que la grande presse autant que les spécialistes répètent depuis des années : les employeurs ont le réflexe de googliser le nom d’un candidat ou d’un de leurs employés pour suivre l’image qu’ils donnent d’eux.

Une pratique vieille comme l’emploi

Mais au fond le phénomène est-il si nouveau ? Depuis des lustres, les employeurs ont toujours eu — à un degré plus ou moins fort selon les secteurs d’activité — à cœur de recruter des employés de bonne réputation. Il n’est pas nouveau qu’un employeur se formalise pour les échos qui lui reviennent aux oreilles sur le comportement peu recommandable — évalué à l’aune de la moralité du temps — et fasse au minimum des remontrances à son salarié, justifiées par le motif que la réputation de ce dernier peut rejaillir sur celle de l’entreprise.

Une réputation planétarisée dans une société mondialisée

On nous objectera qu’aujourd’hui le pouvoir d’investigation est bien pire grâce au pouvoir surpuissant de recoupement de l’informatique devenue moteur de recherche sur Internet. 

Les recoupements informatiques sur le Web : hors de portée des lois ?

Nous sommes complètement d’accord, tellement d’accord que nous nous battons pour que des lois telles que la loi Informatique, fichiers et libertés ou ses homologues dans de nombreux pays de liberté, dont la finalité est de protéger le citoyen contre la puissance de recoupement de l’informatique, ne soient plus ignorées par les pouvoirs publics eux-mêmes et qu’elles soient directement applicables sur Internet pour limiter les recherches nominatives et autres données à caractère personnel.

Nous reviendrons sur ce point ultérieurement.

En savoir plus

Lire notre actualité du 6 novembre 2012 : E-réputation – anonymisation ou non : un paradoxe médiatique
Et celle du 2 novembre 2011 : E-réputation : la double peine sur le Web

Voir notre Dossier spécial E-réputation et notre offre en la matière