La Fondation Mozilla met progressivement en place en place un nouveau rythme développement de son navigateur Firefox. La sortie le 9 juillet 2011 de la version bêta de Firefox 6 le confirme.
Une nouvelle version de Firefox devrait désormais naître toutes les six semaines ; si ces objectifs sont maintenus, nous devrions donc pouvoir télécharger Firefox 6 dans sa version définitive aux alentours du 20 août, Firefox 7 d’ici fin septembre et Firefox 9 pour Noël.

Le nouveau cycle de développement de Firefox

Le nouveau processus permet de jalonner le cycle de développement en le divisant en quatre phases de six semaines chacune. Des dépôts autonomes associés à chacune de ces étapes permettent d’assurer le développement de chaque version de manière indépendante et continue. Ainsi le lancement de la version définitive de Firefox 6 se fera parallèlement au lancement de Firefox 7 bêta, la version définitive de Firefox 7 parallèlement à Firefox 8 bêta etc.

La principale innovation repose sur la possibilité offertes aux non-développeurs d’intervenir très tôt dans le processus de développement via la mise à disposition du public d’une version aurora téléchargeable et utilisable indépendamment des versions stables du navigateur déjà installées sur un poste de travail.

Ci-dessous, un aperçu du rôle des pré-versions associées à chaque phase :

  • La version nightly : Principalement  réservée aux développeurs, elle a pour but de définir les bases et les orientations de la future version ;
  • La version aurora : Cette version a pour objectif d’apporter les réponses aux problématiques posées lors de la phase de développement précédente. Elle est conçue pour les utilisateurs avancés et comporte encore des imperfections ;
  • La version bêta : Le rôle de la version bêta est de préparer la version définitive. Il s’agit donc dans cette étape d’apporter le finitions nécessaires à la version sortie des dépôts d’aurora pour en faire une version stable et fiable ;
  • La version release : La version définitive de l’application.

Des utilisateurs désorientés

Un des inconvénients de ce système de développement : l’abandon des mises à jour des versions plus anciennes — exception faite des correctifs de sécurité majeurs. Chaque nouvelle version est par conséquent condamnée à devenir obsolète en six semaines.

Un tel changement de stratégie a pu surprendre les habitués du navigateur qui on vu vivre Firefox 3 près de trois ans et Firefox 4 mourir en seulement 3 mois.

Cette décision a d’ailleurs été vivement critiquée par le utilisateurs professionnels qui, soumis à des contraintes de sécurité et d’interopérabilité, ne peuvent raisonnablement pas suivre une telle cadence.

Sous la pression des entreprises — principalement d’IBM — menaçant de se tourner vers des solutions concurrentes, Mozilla qui avait commencé par négliger cet aspect s’est engagé à revoir sa copie.

Restons modérés

Cette franche accélération n’est  pas pour autant un gage d’apports révolutionnaires au monde de la navigation à chaque nouvelle version. Les charges de travail sont certes mieux réparties et permettent un développement continu de l’application, l’abandon de la mise à jour des anciennes versions permet probablement de mobiliser plus d’effectifs sur les versions à venir, mais ne soyons pas dupes, les innovations majeures n’apparaitront pas au même rythme que les numéros de série.

L’apport en terme de visibilité pour la fondation est en revanche certain, l’impact médiatique — auquel nous participons malgré toutes nos réserves — du lancement de Firefox 5 directement après Firefox 4 a sans aucun doute été plus porteur que le lancement d’une version 4.1 équivalente ne l’aurait été.

Mais le phénomène risque fort de s’essouffler au fil des versions, et il appartient donc à Mozilla d'innover pour conserver son élan.