Il est bien connu que les Français n'ont aucune culture de l'information. C'est flagrant dans les entreprises où, à de très rares exceptions près, les tenants d'une gestion rationnelle et efficace de l'information prêchent encore trop souvent dans le désert ou à contre-courant.

Pour rattraper ce handicap (au sens des courses hyppiques ! puisque les Français perdent ainsi un sérieux avantage concurrentiel face à d'autres peuples mieux lotis en la matière) les consciences de l'enseignement supérieur s'avisent de former les étudiants à la "Maîtrise de l'information". Sous ce terme ronflant, il s'agit le plus souvent de les sensibiliser à la recherche d'informations pour leur propres besoins.

Un très intéressant article est paru sur le site Université Mag le 12 octobre sur cette question : "Former les édudiants à la maîtrise de l'information, sur quels contenus ?" sous la plume d'Alexandre Serres. Ce texte se penche sur les désastres de la recherche approximative sur Internet et de ceux de l'abus du copier-coller pour toute méthode de réflexion et d'analyse. Il réfléchit sur les carences de l'enseignement à ce sujet et propose quelques pistes de contenus à envisager.

Lire l'article : www.lemensuel.net/2008/10/12/former-les-etudiants-a-la-maitrise-de-l%E2%80%99information-sur-quels-contenus/

Cet article présente le mérite de proposer des solutions notamment pour inciter les jeunes esprits à un recul critique.

Mais de notre point de vus, c'est tout le système qu'il faudrait repenser.

La maîtrise de l'information, ne consiste par uniquement à savoir rechercher de l'information et à l'évaluer, ce qui serait déjà un pas énorme de franchi s'il était acquis pour tous.

Maîtriser l'information, c'est aussi et de manière indissociable du précédent problème, maîtriser son information, savoir la gérer, la classer, la retrouver.

C'est savoir organiser intelligemment ses données, les structuer pour leur donner un maximum de sens et pour les retrouver en cas de besoin, c'est-à-dire au moment où on a besoin de leur sens pour étayer sa pensée ou enrichir ses connaissances.

C'est avant tout être structuré dans sa pensée pour affronter la pensée des autres avec quelque recul et regard critique.

Pour embrasser tout cela, on peut s'étonner que l'art de la gestion de l'information et de la connaissance ne soit pas enseigné comme une méthode intellectuelle de base, au même titre que la rédaction puis la dissertation, dès l'enseignement secondaire. On n'aurait alors plus à rattraper les étapes manquées à l'université ou dans les grandes écoles. Nous sommes dans la société de l'information, tout le monde nous le rappelle toutes les cinq minutes, mais la seule chose qu'on n'apprend pas à maîtriser, c'est précisément l'information...